Créolisation
- Yasmina Popa

- 22 mai
- 2 min de lecture
Le terme de créolisation désigne la mise en contact de plusieurs cultures, ayant comme résultat l’apparition de nouvelles formes culturelles distinctes et originales. D’après Édouard Glissant, la créolisation est beaucoup plus qu’un simple métissage, elle est « un métissage qui produit un résultat imprévisible et imprévu ».
Le terme de créolisation fait son apparition à la fin du XIXe siècle dans le cadre d’une société savante : la société française d’anthropologie. En 1884, elle accueille un voyageur, Paul Lévy qui revient de la Caraïbe et des îles du Pacifique. Il raconte devant une assemblée de savants qu’il a observé dans ces territoires un processus de l’œuvre dans lequel les cultures s’adaptent à des phénomènes nouveaux. Il propose qu’on parle de créolisation.
Ce concept n’a ensuite jamais cessé d’être travaillé par des intellectuels et des chercheurs en science sociale jusqu’à Édouard Glissant, romancier, poète et philosophe française né en Martinique et décédé en 2011, qui a donné à la créolisation une portée plus large.
Étymologiquement, le terme vient de l’espagnol criollo, étant traduit comme “ce qui est né sur place” , c’est-à-dire la colonie, par opposition à ce qui venait de la métropole d’Europe, tout cela dans le contexte de la colonisation à l’epoque moderne. En français, le terme “créole” désigne les personnes d’origine européennes nées dans des colonies, particulièrement dans le contexte de l’économie sucrière.
Le terme de créolisation s’est progressivement imposé dans le monde post- colonial, notamment aux Antilles, pour caractériser les processus culturels nouveaux liées à la rencontre de sociétés africaines issues de l’esclavage, de sociétés européennes autrefois esclavagistes, mais aussi de cultures diverses (indiennes, médio-orienta-les notamment…) issues des migrations.
Par après, le terme a connu une certaine notoriété dans le monde francophone, grâce aux travaux d’Édouard Glissant, Jean Bernabé, Raphaël Confiant et Patrick Chamoiseau. Né dans les sociétés esclavagistes des Caraïbes, ce concept prend de plus en plus une dimension universelle dans un monde globalisé.
Le processus de Créolisation est retrouvé principalement aux Antilles, aux Mascareignes et aux Amériques, autant celles du Nord que celles du Sud. Ceci remet en question le concept de négritude, longtemps défendu aux Antilles par Aimé Césaire en le cataloguant d’une vision afro-centrée..
Dans le cadre d’un entretien avec le centre Pompidou, Édouard Glissant nous explique, de son point de vue, le concept de créolisation.
Dans un article écrit par Jean Bernabé et publié en 2012 par l’Université des Antilles, l’écrivain nous introduit dans le monde de la créolisation des langues et des cultures, en affirmant que « la langue et la culture ne sont pas que des réalités anthropologiques, ce sont aussi des objets épistémologiques ».
Zone géographique
Afrique, Amériques
Voir aussi
Sources


