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  • Constantin Brâncuși

    Je me suis souvent demandé ce qui se trouvait derrière la décision de Brâncuși (1876–1957) de quitter l’atelier d’Auguste Rodin, qui représentait un véritable monument de l’art moderne au début du XXe siècle. Qu’est‑ce que le sculpteur roumain savait avec une telle certitude pour se permettre de se séparer brusquement et définitivement, après seulement quelques mois, de la manière dont Rodin sculptait alors, manière considérée comme l’avant‑garde de l’art moderne ? Constantin Brâncuși part à pied pour Paris en 1903 et, après un périple de deux ans avec des étapes à Vienne et à Munich, il est admis à la prestigieuse École Nationale Supérieure des Beaux‑Arts, où il travaille dans l’atelier d’Antonin Mercié. Il quitte l’école au bout d’un an et se réoriente vers l’atelier d’Auguste Rodin, considéré à l’époque comme le sculpteur ayant révolutionné le langage de la sculpture. Il n’y reste pas longtemps. Après seulement quelques mois, il quitte l’atelier en prononçant les célèbres mots: „À l’ombre des grands arbres, rien ne pousse.” C’est un moment décisif dans l’histoire de la sculpture moderne et un acte de courage remarquable. Avec sa sculpture intitulée Balzac, Auguste Rodin ouvre définitivement les horizons de l’art moderne, mais cela ne suffit pas à Brâncuși. Lui, il stylise des idées. Il passe d’une sculpture figurative à une sculpture non figurative. Il a sculpté des infinitifs longs, comme le dit le philosophe roumain Constantin Noica: aimer – amour (Le Baiser), voler – vol (Les Oiseaux), se taire – silence (La Table du silence), infinir – infinire (La Colonne sans fin). C’était une rupture stylistique extrêmement audacieuse pour l’époque. Pourtant, en 1952, à l’occasion du quatrième Salon de la jeune sculpture, Brâncuși écrit un hommage dédié à Rodin, déclarant entre autres: „Au XIXᵉ siècle, la situation de la sculpture était désespérée. Rodin est apparu et a tout transformé. Son influence a été et demeure immense.” Lorsque Brâncuși quitta son atelier, Auguste Rodin affirma: „À long terme, il a raison. Il est aussi obstiné que moi.” Aujourd’hui, Constantin Brâncuși est considéré comme l’un des artistes les plus influents de l’art du XXe siècle grâce à son concept moderne de la forme en sculpture, en peinture et en dessin. La plus grande partie de son œuvre est aujourd’hui exposée au Centre Pompidou à Paris. Zone géographique Roumanie, France (Europe) Voir aussi Hybridation culturelle Réseaux culturels francophones Contact culturel Sources Constantin Brâncuși (Wikipédia)

  • Croissant

    Le croissant a une longue histoire qui commence à Vienne, en Autriche. Là-bas, au Moyen Âge, on faisait déjà une pâtisserie appelée Kipferl. Elle avait une forme de lune et était assez différente du croissant que nous connaissons aujourd’hui. Selon une légende, cette pâtisserie serait liée au siège de Vienne par les Turcs en 1683, même si cette histoire n’est pas sûre à 100 %. Plus tard, au XIXe siècle, le croissant arrive en France. Les boulangers français décident alors de changer la recette pour la rendre différente et plus légère. Ils remplacent la pâte briochée utilisée à l’origine par une pâte feuilletée, qui est plus croustillante et plus fine. Grâce à ces changements, le croissant devient plus proche de celui que l’on mange aujourd’hui. Vers 1915, cette nouvelle recette est vraiment adoptée et devient la version moderne du croissant. Depuis ce moment, le croissant est devenu très populaire en France et dans le monde entier, surtout au petit déjeuner. Les ingrédients d’un croissant sont assez simples, mais la qualité de chaque produit est très importante pour obtenir un bon résultat : la farine : elle sert de base pour la pâte. On utilise généralement une farine de blé. le beurre : c’est un ingrédient essentiel. Il donne au croissant son goût riche et sa texture feuilletée. le lait : il rend la pâte plus douce et améliore la saveur. l’eau : elle aide à former la pâte et à mélanger les ingrédients. le sucre : il apporte une légère touche sucrée et aide la pâte à bien lever. le sel : il renforce le goût et équilibre les saveurs. la levure de boulanger : elle permet à la pâte de gonfler et de devenir légère. Dans la préparation traditionnelle, la pâte est travaillée avec du beurre en plusieurs étapes pour créer des couches fines. C’est ce qui donne au croissant son aspect feuilleté et croustillant à l’extérieur, et moelleux à l’intérieur. En France, il existe plusieurs types de croissants. Même si la forme reste souvent la même, les ingrédients ou la préparation peuvent changer : le croissant au beurre : c’est le plus traditionnel. Il est fait avec du beurre et a un goût riche et une texture très feuilletée. le croissant ordinaire : il est parfois fait avec de la margarine au lieu du beurre. Il est moins cher, mais aussi moins savoureux. le croissant aux amandes : il est garni de crème d’amandes et souvent recouvert d’amandes effilées et de sucre glace. le croissant au chocolat : il peut contenir du chocolat à l’intérieur ou être recouvert de chocolat. (À ne pas confondre avec le pain au chocolat.) le mini-croissant : une version plus petite, souvent servie au petit déjeuner ou lors de buffets. le croissant salé : il peut être garni de jambon, de fromage ou d’autres ingrédients salés, souvent pour un repas rapide. Zone géographique Belgique (Europe) Voir aussi Gastronomie francophone Chocolat (Belgique) Tour Eiffel Sources Le croissant Viennoiseries

  • Zydeco

    Le Zydeco est une musique de danse extrêmement énergique créée par les populations noires francophones et créolophones du sud de la Louisiane. C’est une fusion culturelle unique qui mélange les anciennes traditions françaises des colons avec les rythmes afro-américains, comme le blues, le jazz et plus tard le rock ‘n’ roll. C’est une musique qui bat au cœur de l’identité créole américaine. La Louisiane possède une histoire francophone très riche et complexe. Le Zydeco est spécifiquement la musique des « Créoles de couleur », une population issue du mélange entre les héritages africains, caribéens et européens. Il faut bien le distinguer de la musique « Cajun », jouée par les descendants des Acadiens blancs. Si les deux styles partagent l’accordéon, le Zydeco est beaucoup plus rapide et intègre des rythmes syncopés venus du blues. Le nom lui-même est fascinant : il vient de la phrase créole « Les haricots sont pas salés », car dans les moments de pauvreté, on ne pouvait pas mettre de viande salée dans les haricots. La prononciation rapide de « les haricots » a fini par donner le mot « Zydeco ». L’instrument principal est l’accordéon, qu’il soit diatonique ou chromatique. Il donne cette mélodie répétitive et entraînante. Mais l’élément le plus original et emblématique reste le frottoir (ou vestboard). C’est une planche à laver en métal que le musicien porte directement sur la poitrine, comme une armure métallique. On y frotte des cuillères ou des décapsuleurs pour marquer un rythme métallique très sec. Le Zydeco est avant tout une musique sociale. Traditionnellement, il se jouait dans les « bals de maison » (house dances) où les voisins poussaient les meubles pour danser, ou encore dans les salles paroissiales des églises catholiques. Le Zydeco est un véritable acte de résistance linguistique et culturelle. Bien que la Louisiane soit devenue un État américain anglophone depuis longtemps, les artistes de Zydeco continuent de chanter des refrains en français louisianais ou en créole. C’est une musique de joie et de fête qui servait autrefois à oublier la dureté du travail dans les champs de coton ou de canne à sucre. Aujourd’hui, la tradition reste vivante car elle évolue : les jeunes générations n’hésitent pas à mélanger le son de l’accordéon avec du Hip-Hop, du Reggae ou du R&B. Cela prouve que la culture francophone en Louisiane n’est pas un folklore figé, mais une culture bien vivante. Ce document visuel montre parfaitement l’aspect artisanal et l’énergie physique de cette musique. On y voit le musicien porter le frottoir en métal, un instrument inventé localement. Cette image explique bien que le Zydeco est une musique de proximité et de mouvement, faite avant tout pour faire danser les gens et célébrer la communauté. Zone géographique Antilles (Amériques) Voir aussi Louisiane Créolisation Musiques francophones Mardi gras (Louisiane) Sources Musique cadienne (Wikipédia) Zydeco (Wikipédia) Zydeco music in Louisiana

  • Mardi gras (Louisiane)

    Aux États-Unis, le Mardi Gras est surtout associé à la Nouvelle-Orléans. La première célébration du Mardi Gras dont on ait trace en Louisiane française remonte au début du mois de mars 1699, lorsque les explorateurs Pierre Le Moyne d’Iberville et Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville célébrèrent leur arrivée près de la ville actuelle et baptisèrent leur lieu de débarquement « Pointe du Mardi Gras ». Au cours des années qui suivirent, les colonies françaises, dont la Nouvelle-Orléans, célébrèrent cette fête par des festivités publiques, des bals masqués et des dîners officiels. Après la prise de contrôle de la Louisiane par l’Espagne au XVIIIe siècle, les autorités espagnoles restreignirent bon nombre de ces célébrations. Ces restrictions restèrent largement en vigueur jusqu’au début du XIXe siècle, lorsque la Louisiane devint un État américain en 1812, et que les traditions du Mardi Gras furent ravivées et développées. Pour commencer, le Mardi Gras revêt, d’une manière générale, trois formes assez distinctes. Il y a le grand carnaval de la Nouvelle-Orléans, célèbre dans le monde entier. Il y a ensuite le « courir du Mardi Gras » de la Louisiane rurale française, parfois appelé « Mardi Gras cajun », bien qu’il soit également célébré dans les communautés créoles (des personnes d’origine et d’héritage culturel mixtes, à la fois français et africain). Ce qu’ils ont en commun, bien sûr, c’est qu’il s’agit de formes de carnaval précédant le Carême, des célébrations qui mettent l’accent sur les festins et les excès juste avant le jeûne de la saison chrétienne solennelle du Carême. Les défilés du Mardi Gras de la Nouvelle-Orléans — il y en a beaucoup le jour du Mardi Gras et les jours qui le précèdent — sont très somptueux, mettant en scène des chars opulents conçus pour s’harmoniser avec les thèmes des défilés. Ils sont construits pour accueillir de nombreux participants masqués, qui sont les membres d’organisations privées généralement appelées « krewes », chacune parrainant un défilé. De plus, des fanfares se mêlent aux chars pour assurer l’accompagnement musical. Certains responsables des krewes peuvent défiler à cheval ou en voiture. Les défilés nocturnes mettent en scène des chars magnifiquement illuminés et peuvent inclure des porteurs de flambeaux qui défilent à pied. Chaque « krewe » a son roi et sa reine, qui montent à bord de leurs propres chars ou véhicules. Et tandis que le défilé « avance », les participants lancent à la foule ce qu’on appelle des « cadeaux » : des colliers de perles, des gobelets spécialement conçus, des pièces en aluminium spécialement frappées appelées « doublons », et d’autres babioles. Ces cadeaux sont très convoités par la foule et le fait de les lancer confère à ces défilés un caractère interactif particulier, les spectateurs devenant des participants plutôt que de simples spectateurs. Au fil des siècles, le carnaval n’a jamais cessé d’exister, et sa renommée ainsi que sa splendeur enrichissent le patrimoine français. Zone géographique Louisiane (Amériques) Voir aussi Louisiane Fêtes et rituels francophones (Amériques) Créolisation Zydeco Vaudou et christianisme Sources Mardi gras (Wikipédia)

  • Gastronomie guadeloupéenne

    La Guadeloupe est un archipel français situe dans les Petites Antilles, au cœur des Caraïbes, à environ 6700 km de la France métropolitaine. Celle- ci est célèbre pour ses paysages tropicaux et sa culture créole, mais n’oublions pas tout de même la diversité culinaire. La population de la Guadeloupe résulte d’un métissage des différentes périodes de son Histoire avec le passage des Espagnols, des Français, des Anglais la venue des escales d’Afrique et l’installation de diverses populations comme les Indiens. Les locaux chérissent leur culture créole, qui est une véritable richesse pour les touristes en recherche d’authenticité. La gastronomie guadeloupéenne appelée entre terre et mer, est une cuisine créole issue d’un métissage de plusieurs mets, venant autant de la terre que de la mer. Les produits locaux rencontrent des saveurs africaines, indiennes et européennes. Du côté de la mer, on retrouve beaucoup de poissons et de fruits de mer, comme le vivaneau, la langouste, le poulpe, les lambis, les palourdes, les ouassou (grosses crevettes). Côté terre, on consomme tous les fruits et légumes, autant au naturel, qu’en confitures, glaces ou bien cuisinés. Les jus de fruits offrent une doze de vitamines qu’on peut consommer sans limites, contrairement au rhum, boisson alcoolisée spécifique à la région. Voici trois plats et boissons traditionnels de la Guadeloupe, issus du métissage des différentes cultures : Le colombo n’est pas qu’une simple épice, c’est le plat emblématique de l’île. C’est l’héritage de l’immigration indienne et se compose d’un mélange d’épices (curcuma, cumin, coriandre, etc.) qui parfume et offre une délicieuse saveur au ragoût de viande, de poisson et ou même de légumes. Le poulet boucané est un héritage des Amérindiens, une spécialité au goût fumé unique. La technique consiste à faire mariner la viande dans un mélange d’épices, a le cuire lentement à l’étouffée sur un barbecue, au-dessus de braises, sur lesquelles on dépose de la canne à sucre fraîche. Celle-ci résulte une viande tendre et extrêmement parfumée. Le Ti-Punch est le cocktail emblématique des Antilles françaises. La recette se compose de rhum blanc agricole, une tranche de citron vert et une touche de sucre de canne. La tradition veut que chacun prépare son propre Ti-Punch, coutume de l’adage créole : “chacun prépare sa propre mort”. La créolisation a eu un impact sur la gastronomie locale, le métissage des différentes cultures laissant derrières elles de vraies richesses. Écoutons Tony Salomon, sous-chef de la brasserie de l’hôtel Molitor, qui nous parle des plats traditionnels qu’il aime revisiter. Jetez aussi un petit coup d’œil a cette courte vidéo dans laquelle sont présentés les plats incontournables de la Guadeloupe. Zone géographique Guadeloupe (Amériques) Voir aussi Créolisation Gastronomie francophone Langue créole (Martinique) Zouk (Antilles) Sources La Guadeloupe, terre de saveurs et de cultures La cuisine guadeloupéenne

  • Vaudou et christianisme

    Le vaudou haïtien et le christianisme sont connus pour être deux croyances très différentes, mais malgré leurs divergences, leur histoire est étroitement liée depuis longtemps, allant même souvent jusqu’à se confondre. Même si les chrétiens désapprouvent ce culte axé sur les esprits, de nombreux pratiquants haïtiens combinent ces deux traditions. Comme beaucoup d’autres formes d'hybridation culturelle, ce mélange trouve son origine dans l’imposition des croyances des colonialistes à d’autres cultures. Cette fusion s’est formée au XVIIIe siècle, pendant la traite négrière transatlantique, alors que la majeure partie d’Haïti était colonisée, mais ses premières racines remontent à l’arrivée de Christophe Colomb près de San Salvador. Les esclaves contraints de se convertir au christianisme ont déguisé leurs divinités (Ioa) pour en faire des saints catholiques en apparence acceptables. À ce jour, les pratiquants et les croyants haïtiens célèbrent toujours à la fois les fêtes chrétiennes et vaudous. L’un des liens les plus évidents, comme on peut le voir sur la photo, réside dans leurs traditions funéraires. Bien qu’elles aient à l’origine été liées aux pratiques vaudou, de nombreux éléments, tels que l’inhumation et la présence d’un prêtre pour célébrer les funérailles, témoignent d'un lien direct entre ces deux religions. La culture de la diaspora haïtienne s'est répandue dans différentes régions, conservant ce syncrétisme entre christianisme et vaudou partout où elle s'est implantée, même en Louisiane, où le vaudou et le christianisme se sont à nouveau combinés. Zone géographique Haïti (Amériques) Voir aussi Vaudou Hybridation culturelle Quimbois Sources Christianity and Vodou (Wikipédia) Voodoo and Christianity (Christian Research Institute)

  • Archaïsmes (Québec)

    Un aspect très intéressant du français d’Amérique est la présence de formes anciennes de la langue. En particulier au Québec, on retrouve des mots et des expressions qui existaient en français il y a plusieurs siècles, mais qui ont disparu en France. Par exemple, le mot « char » est utilisé pour dire « voiture ». On peut aussi entendre « as-teure » pour « maintenant » ou « icitte » pour « ici ». Ces formes ne sont pas incorrectes, elles sont simplement différentes et liées à l’histoire de la langue.Cela s’explique par le fait que les communautés francophones ont été relativement isolées après la colonisation. Elles n’ont donc pas suivi toutes les évolutions de la langue en France.Ces archaïsmes ont aujourd’hui une valeur culturelle importante. Ils permettent aux locuteurs d’affirmer leur identité et de se distinguer du français européen. Cependant, dans des contextes plus formels, on préfère généralement utiliser la langue standard. Ce phénomène s’inscrit dans la situation de diglossie du français en Amérique.Il peut être rapproché de l’accent québécois, qui reflète lui aussi une évolution spécifique de la langue. Zone géographique Québec (Amérique du Nord) Voir aussi Diglossie Syntaxe (Québec) Phonétique (Québec) Joual Sources Français québécois (Wikipédia)

  • Syntaxe (Québec)

    Dans le français québécois, on observe une manière particulière de poser des questions, avec l’utilisation du mot « tu ». Contrairement au français standard, où l’on utilise l’inversion ou « est-ce que », le français parlé au Québec utilise souvent « tu » comme marqueur d’interrogation. Par exemple : « Tu viens-tu ? », « C’est-tu vrai ? » Dans ces phrases, « tu » ne fonctionne pas comme un pronom, mais comme une particule interrogative. C’est donc un exemple de changement de fonction d’un mot. Cette structure est plus simple et plus naturelle à l’oral, ce qui explique son usage fréquent dans la vie quotidienne. En revanche, elle n’est pas utilisée dans les situations formelles. Ce phénomène montre bien la différence entre la langue parlée et la langue standard, et illustre la diglossie. Zone géographique Québec (Amérique du Nord) Voir aussi Diglossie Archaïsmes (Québec) Phonétique (Québec) Accent (Québec) Sources Français québécois (Wikipédia)

  • Vaudou

    Le vaudou, qui signifie « esprit », pourrait bien être l’une des plus anciennes traditions ancestrales au monde, vouée au respect de la nature, selon Mamaissii Vivian Dansi Hounon, membre de l’OATH (Organisation des guérisseurs traditionnels africains) à Martinez, en Géorgie. Certains anthropologues estiment que les origines du vaudou au Bénin — anciennement le Dahomey — en Afrique de l’Ouest, pourraient remonter à 6 000 ans. Aujourd’hui, on estime à 60 millions le nombre de personnes pratiquant le vaudou à travers le monde. Lors d’une cérémonie vaudou, les croyants se rassemblent en plein air pour entrer en contact avec les Loa, un panthéon d’esprits qui remplissent diverses fonctions dans la gestion de l’univers, à l’instar des dieux grecs. Il leur incombe également de prendre soin des esprits familiaux bien-aimés et déifiés, et d’honorer le dieu suprême, Bondieu. La magie noire ? En Occident, le vaudou a été dépeint dans les films de zombies et les livres populaires comme une pratique sombre et maléfique, un culte diabolique dominé par la magie noire, les sacrifices humains et les poupées vaudouesques piquées d’épingles — éléments qui n’existent pas dans les pratiques vaudouesques originaires du Bénin. En Haïti, le vaudou a commencé comme une activité clandestine. Au cours des années 1700, des milliers d’esclaves d’Afrique de l’Ouest ont été envoyés en Haïti pour travailler dans les plantations françaises. À leur arrivée aux Antilles, les esclaves ont été baptisés dans la religion catholique romaine. Leurs pratiques religieuses traditionnelles africaines étaient considérées comme une menace pour le système colonial et ont été interdites. Les pratiquants étaient emprisonnés, fouettés ou pendus. Mais les esclaves ont continué à pratiquer leur religion en secret tout en assistant à la messe. Il en est ressorti une religion que les colonialistes pensaient être le catholicisme — mais ils ont été déjoués. « On dit souvent que les Haïtiens sont à 70 % catholiques, à 30 % protestants et à 100 % vaudous », a déclaré Lynne Warberg, une photographe qui documente le vaudou haïtien depuis plus de dix ans. Zone géographique Afrique, Amériques (Haïti) Voir aussi Créolisation Vaudou et christianisme Fêtes et rituels francophones (Amériques) Sources Vaudou (Wikipédia)

  • Zouk (Antilles)

    Le Zouk est un genre musical né à la fin des années 1970 dans les Antilles françaises. À l’origine, dans le langage populaire, le mot « zouk » servait à désigner un lieu de fête ou un bal improvisé. Aujourd’hui, c’est une musique très rythmée, spécifiquement conçue pour la danse, qui mélange harmonieusement la langue française et le créole antillais. Elle représente l’identité moderne des îles de la Guadeloupe et de la Martinique. Le Zouk est né d’une volonté politique et artistique de moderniser les musiques traditionnelles antillaises, comme le Gwo Ka guadeloupéen ou le Bèlè martiniquais. Avant les années 1980, les radios des Antilles diffusaient surtout de la musique américaine ou française. Le groupe mythique Kassav’, fondé par Pierre-Edouard Décimus et Jacob Desvarieux, a voulu changer cela. Ils ont décidé d’utiliser des instruments modernes (guitares électriques, synthétiseurs, sections de cuivres puissantes) pour créer un son nouveau et professionnel capable de rivaliser avec les productions internationales de disco, de funk ou de rock. Le Zouk n’est pas un style unique, il se décline en plusieurs variantes. Le « Zouk béton » est rapide, joyeux et énergique, ce qui le rend idéal pour les défilés du carnaval. Contrairement, le « Zouk love », devenu très populaire à partir des années 1990, est plus lent et sentimental. Les textes des chansons sont essentiels : ils racontent la vie quotidienne aux Antilles, les joies et les peines des relations amoureuses, mais aussi la fierté d’être Antillais. Sur le plan linguistique, le Zouk utilise beaucoup d’onomatopées et des structures de phrases typiques du créole, ce qui enrichit et transforme la langue française utilisée dans les chansons. C’est une musique qui se vit intensément lors des mariages et des fêtes familiales. Le Zouk a eu un impact culturel immense, particulièrement en Afrique francophone (Congo, Côte d’Ivoire, Gabon), où il est devenu une référence. Il a créé un véritable « pont » musical entre les Caraïbes et le continent africain. On peut comparer le Zouk au Kompa d’Haïti : bien que les deux partagent des racines rythmiques similaires, le Zouk s’est distingué par sa technologie sonore. C’est l’exemple parfait d’un processus de « créolisation », où différents héritages fusionnent pour créer une culture nouvelle, dynamique et exportable partout dans le monde. Pochette de l’album Zouk Is the Only Medicine We Have de Kassav’ (1987). Ce document visuel est historique illustre l’image festive, colorée et résolument moderne du groupe. Cette pochette montre comment Kassav’ a utilisé les codes du marketing international pour exporter la culture antillaise. En choisissant un titre en anglais pour un album chanté en créole et en français, le groupe affirmait sa volonté de soigner le monde avec la « médecine » du rythme caribéen. Zone géographique Antilles (Amériques) Voir aussi Créolisation Musiques francophones Langue créole (Martinique) Zouk (Vanuatu) Sources Zouk (Wikipédia) Le zouk et son histoire (INA) L’histoire du zouk (france.tv) Le zouk

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