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Guerre d’Indochine

  • Photo du rédacteur: Andrei Ujupan
    Andrei Ujupan
  • 20 mai
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 24 mai

La guerre d’Indochine désigne le conflit armé qui oppose, de décembre 1946 à juillet 1954, la France au Viêt-minh - mouvement nationaliste et communiste dirigé par Hô Chi Minh - pour le contrôle du Vietnam, du Laos et du Cambodge. Elle se termine par la défaite française de Diên Biên Phu, première grande capitulation d’une puissance coloniale européenne face à un mouvement de libération nationale en Asie.


Le 2 septembre 1945, depuis Hanoï, Hô Chi Minh proclame l’indépendance du Vietnam en citant mot pour mot la Déclaration d’indépendance américaine. Ce geste est calculé : il retourne les valeurs occidentales contre les puissances coloniales elles-mêmes. La France refuse de reconnaître cette indépendance. En décembre 1946, les combats commencent.


Pendant huit ans, l’armée française fait face à une guerre qu’elle ne comprend pas. Le général Võ Nguyên Giáp applique une stratégie d’usure : éviter les batailles frontales, contrôler les campagnes, laisser l’ennemi s’épuiser. De son côté, l’armée française cherche une bataille décisive qui n’arrive jamais.


En novembre 1953, le général Henri Navarre installe un camp retranché dans la cuvette de Diên Biên Phu, à la frontière laotienne. Son pari : forcer le Viêt-minh à un affrontement classique et écraser ses forces grâce à la supériorité aérienne française. Giáp accepte le défi - mais transporte en secret, à dos d’homme, de l’artillerie lourde sur les hauteurs qui dominent le camp.


Les Accords de Genève de juillet 1954 partagent le Vietnam au 17e parallèle. La France quitte l’Indochine. Mais la guerre continue sous d’autres formes : les États-Unis prennent le relais, et le conflit durera jusqu’en 1975.


Cette guerre révèle aussi une dimension sociale souvent oubliée : parmi les soldats français figurent des milliers d’hommes issus des colonies elles-mêmes - Marocains, Algériens, Sénégalais - qui combattent sous le drapeau d’un empire qui disparaît.

Dans une lettre du 13 décembre 1953 à son ministre, Navarre reconnaît lui-même avoir envisagé l’évacuation du camp si l’artillerie lourde ennemie était confirmée. Cette lettre restera sans réponse. La défaite n’était donc pas inévitable : elle résulte d’une succession de décisions politiques et militaires que personne n’a voulu remettre en cause.

Zone géographique

  • Vietnam, Laos, Cambodge (Indochine française)

Voir aussi

Sources

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