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Quimbois

  • Photo du rédacteur: Petra Fele
    Petra Fele
  • 23 mai
  • 2 min de lecture

 

Le mot « quimbois », ou « kenbwa », « tchimboi » ou « tjenbwa » en créole, serait d'origine kikongo et signifierait « savoir ». Une autre origine possible serait l'expression « tiens bois », l'une des pratiques des quimbois consistant à administrer des décoctions à base de plantes et de racines. Pour les Martiniquais, « quimbois» est synonyme de sorcellerie !

 

Le quimbois, comme en témoigne l'une de ses origines étymologiques possibles, tire son existence de l'Afrique et de ses rites animistes. Apportés par l'esclavage, ces rites se sont développés, créolisés et répandus aux Antilles.



Il semblerait, selon certains, que la magie quimbois se soit développée comme une forme de résistance à l'esclavage. Grâce à leur connaissance des plantes vénéneuses (mancénillier, canne marron, racines...), les praticiens du quimbois les utilisaient pour empoisonner leurs maîtres, d'autres esclaves ou même des animaux de trait.

 

Le quimbois, sans vouloir simplifier à l'extrême, est une forme de magie noire, de sorcellerie, mais aussi de spiritualité et de mysticisme, au cœur de laquelle se trouve un personnage indissociable de cette pratique, le quimboiseur, qui, afin de répondre aux besoins de ceux qui le consultent, dispense des rites et des pratiques propres au quimbois.

             

        

Tout le monde ne peut pas pratiquer le quimbois. On devient quimboiseur après une initiation et la transmission du savoir de génération en génération. Cet héritage de connaissances lui confère un statut particulier. Le gadezafé, autre nom donné au quimboiseur, est un interprète du monde visible et invisible.


Il est consulté par les habitants de toutes les classes sociales pour trouver un sens à la vie, choisir une orientation spirituelle, ou simplement obtenir des réponses à des questions liées à l’avenir, qu’il soit privé ou professionnel.


En raison de cette position, il est autant respecté que redouté. Solitaire, isolé de la population, c’est un personnage mystique, garant de la tradition, un peu chaman, un peu devin, un peu médium, un peu guérisseur. Un authentique symbole créole, héritier de l’animisme africain, qui reste discrètement mais profondément vivant sur l’île.

 


Le quimbois se compose de divers rites et pratiques. On consulte le quimboiseur pour :

  • se protéger des mauvais sorts et des forces maléfiques

  • concocter des aphrodisiaques ou des charmes d’amour

  • entrer en relation avec les esprits

  • se soigner à l’aide de plantes

 

Dans les rituels quimbois, on trouve généralement des sacrifices d’animaux (comme le poulet) ou des potions composées de venin de serpent, de plantes, de racines et d’alcool.

 

Si vous prenez la route lors de votre location de voiture en Martinique, sur les ronds-points ou les routes, vous verrez des scènes typiques du quimbois, comme un poulet mort attaché à une chaise neuve ! Vous pourriez même croiser un quimboiseur en plein travail...



Zone géographique

  • Afrique, Martinique (Amériques)

Voir aussi

Sources

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