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Indépendance sénégalaise

  • Photo du rédacteur: Andrei Ujupan
    Andrei Ujupan
  • 21 mai
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 24 mai

L’indépendance du Sénégal, proclamée le 20 août 1960, est l’aboutissement d’une stratégie patiente et originale : utiliser les outils de la République française - la langue, les institutions, les idées - pour obtenir la liberté de l’intérieur. Son architecte est Léopold Sédar Senghor, poète, intellectuel et homme d’État, qui incarne mieux que quiconque la tension entre appartenance à la culture française et affirmation d’une identité africaine propre.


Senghor comprend très tôt que la confrontation directe avec la France ne mènera nulle part. Il fait le contraire : il entre dans le système. Agrégé de grammaire, premier Africain à réussir ce concours en France en 1935, il devient député à l’Assemblée nationale française dès 1945. Il parle la langue de la République mieux que beaucoup de Français. Mais en parallèle, il forge avec le poète martiniquais Aimé Césaire le concept de négritude - la revalorisation des cultures africaines face à l’assimilation coloniale. C’est une arme intellectuelle : il ne combat pas la France avec des fusils, mais avec des idées.


En 1959, Senghor tente de construire la Fédération du Mali avec le Soudan français voisin, pour peser davantage face à Paris. Mais des rivalités politiques internes font éclater l’union en quelques mois. Le 20 août 1960, le Sénégal proclame seul son indépendance. Senghor devient président.


L’indépendance, pourtant, ne rompt pas tous les liens. La France garde des bases militaires au Sénégal. Le franc CFA reste lié à la Banque de France. Les entreprises françaises conservent le contrôle du commerce et des ports. Senghor lui-même ne voit pas cela comme un échec : il parle de « civilisation de l’universel », un dialogue entre cultures égales plutôt qu’une rupture. Mais des historiens comme Ndongo Samba Sylla parlent de Françafrique - une indépendance politique réelle, doublée d’une dépendance économique persistante.

Poème « Prière de paix », Hosties noires (1945) Senghor écrit ce poème juste après la guerre, alors que des soldats africains ont combattu pour la France sans recevoir les mêmes droits. Il n’exprime pas de haine, mais une exigence de dignité. Ce texte résume toute sa stratégie : réclamer l’égalité avec les mots mêmes que la France a inventés, pour lui montrer qu’elle ne les applique pas.

Zone géographique

  • Sénégal (Afrique de l’Ouest)

Voir aussi

Sources

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