Accords de Matignon (Nouvelle-Calédonie)
- Andrei Ujupan

- 20 mai
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Dernière mise à jour : 24 mai
Les Accords de Matignon sont des accords politiques signés le 26 juin 1988 entre le gouvernement français de Michel Rocard, les indépendantistes kanaks menés par Jean-Marie Tjibaou, et les loyalistes du RPCR dirigés par Jacques Lafleur. Ils mettent fin à une crise qui a failli conduire la Nouvelle-Calédonie à la guerre civile, et inaugurent un processus inédit de décolonisation négociée à l’intérieur même de la République française.
Les Kanaks sont le peuple mélanésien présent en Nouvelle-Calédonie depuis des millénaires. Depuis l’annexion française de 1853, ils ont été progressivement dépossédés de leurs terres, cantonnés dans des réserves et exclus de la vie politique. En face, les Caldoches - descendants de colons européens - refusent toute idée de séparation avec la France. Dans les années 1980, les deux communautés ne se parlent plus. La violence monte de part et d’autre.
Le point de rupture arrive en avril 1988 : des militants kanaks prennent en otage des gendarmes dans la grotte d’Ouvéa, sur l’île éponyme. Le gouvernement Chirac ordonne l’assaut militaire. Des militants kanaks sont tués après leur reddition - ce qui ressemble à une exécution. Le scandale éclate en France. La logique du rapport de force a montré ses limites.
C’est là qu’intervient Michel Rocard, nouveau Premier ministre. Il refuse l’affrontement et convainc Tjibaou et Lafleur de s’asseoir à la même table à Paris. L’accord qui en résulte divise le territoire en trois provinces avec des pouvoirs locaux réels, et prévoit un référendum d’autodétermination à terme. C’est un compromis douloureux - et un an après, Tjibaou est assassiné par un militant kanak qui lui reproche d’avoir trahi la cause. Mais l’accord tient.
En 1998, les Accords de Nouméa approfondissent le processus et reconnaissent pour la première fois dans un texte constitutionnel français que la colonisation a été une faute.

Préambule des Accords de Nouméa (1998) Le texte écrit : « La colonisation a porté atteinte à la dignité du peuple kanak. » C’est la première fois que la France reconnaît officiellement le tort colonial dans un document juridique. Ce geste symbolique est aussi une condition posée par les Kanaks pour accepter de rester dans la République.
Zone géographique
Nouvelle-Calédonie (Océanie)
Voir aussi
Sources


