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  • Corps et langage en francophonie

    La majorité des recherches portant sur le langage corporel montrent que la plus grande partie de nos messages réels - plus de 55% - relève de la communication non verbale, 38% du ton de la voix, et seulement 7% des mots que nous utilisons dans la conversation. La posture transmet la confiance, l’ouverture ou, au contraire, une attitude défensive. Les expressions faciales révèlent des émotions authentiques, parfois involontaires, et le contact visuel peut créer un lien entre deux personnes avant même que les mots n’interviennent. De même, la gestuelle peut renforcer le message ou refléter l’état émotionnel, tandis que la distance interpersonnelle influence la proximité ressentie avec l’autre. Par exemple, si vous dites „Je vais bien” en affichant une expression triste, votre interlocuteur remarquera rapidement la contradiction entre vos paroles et votre visage. De même, l’absence de contact visuel sera perçue comme un signe de méfiance ou de manque de sincérité. Dans l’espace francophone, ces éléments varient d’une région à l’autre, selon le niveau d’éducation et le rythme de vie local. En Europe, la communication non verbale tend à être plus contrôlée. En France, en Belgique, en Suisse ou au Luxembourg, les gestes et l’expressivité corporelle sont plus discrets. En général, les locuteurs évitent les mouvements amples et privilégient une communication raffinée, signe d’un certain niveau d’éducation. Chez les Français, par exemple, les gestes sont plus précis que dans d’autres pays francophones européens, souvent codifiés culturellement, notamment lorsqu’ils utilisent „comme ci, comme ça”, „bof”, „parfait”. La proxémie, ou distance interpersonnelle, a été conceptualisée par l’anthropologue Edward T. Hall. Le terme provient du mot grec „proxemics”, popularisé dans les années 1960. Hall distingue quatre distances observables dans la société: une distance intime (0 - 45 cm) pour les amis, proches et partenaires; une distance personnelle (45 cm - 1,2 m) pour les conversations amicales; une distance sociale (1,2 - 3,6 m) pour les échanges professionnels ou impersonnels et une distance publique (au-delà de 3,6 m) pour s’adresser à un groupe. Ces distances varient selon la culture, le contexte et la nature de la relation. En résumé, la proxémie correspond à la „bonne distance” à maintenir pour se sentir à l’aise lors d’un échange. En Europe, la distance interpersonnelle est relativement grande. Une trop grande proximité peut être perçue comme intrusive. Le geste standard lors d’une rencontre est la poignée de main, ni trop ferme, ni trop molle. Quant à „la bise”, elle est surtout utilisée dans un cadre informel. En Afrique, la distance interpersonnelle est plus réduite, signe d’une plus grande confiance envers l’autre. Il arrive que, au cours d’une conversation, les interlocuteurs se touchent légèrement le bras, les relations étant plus chaleureuses. Les Canadiens, influencés par les normes nord-américaines, maintiennent une distance plus importante, surtout dans les contextes professionnels. Dans les situations informelles, la proximité est acceptée, comme en Europe, mais moins qu’en Afrique. En comparant les expressions faciales en France, en Afrique et au Canada (Québec), on observe que les Français les contrôlent davantage, que les Africains sont plus intenses et directs, et que les Canadiens adoptent un style plus proche de celui des Américains, avec des sourires fréquents et un contact visuel ouvert. En Afrique, où la vie communautaire est moins soumise aux règles civiques strictes, la communication non verbale est plus énergique et expressive. Les gestes sont plus amples, plus larges, plus rythmés, et le contact visuel varie selon le statut social ou l’âge. En Haïti, la gestuelle porte l’influence de la culture créole et se montre souvent plus vive que dans les cultures européennes ou nord-américaines. Le rythme de la conversation varie lui aussi selon les régions. Les Français préfèrent un rythme structuré, avec des pauses courtes et des interventions bien placées. Les Africains adoptent un rythme plus dynamique, avec des chevauchements de voix et une énergie plus vive. Les Canadiens, quant à eux, ont un rythme plus lent, avec des pauses perçues comme naturelles dans le dialogue. Comme la parole, le silence a également une valeur expressive. En France, il peut marquer la réflexion ou la politesse; en Afrique, il est souvent interprété comme un manque d’intérêt pour le sujet; au Canada, il est neutre et ne crée pas de malaise. Dans le contexte d’un monde globalisé, où le rythme de vie est rapide et les changements nombreux, comprendre la communication non verbale est essentiel. Elle permet d’éviter les malentendus culturels et d’améliorer les relations professionnelles et personnelles. Elle est également indispensable pour une communication interculturelle authentique. Zone géographique Espaces francophones (Afrique, Amériques, Asie-Pacifique, Europe) Voir aussi Contact culturel Patrimoine immatériel Fêtes et rituels francophones (Amériques) Sources Edward T. Hall (Wikipédia)

  • Diplomatie francophone

    RéseaLa langue française a été, pendant plusieurs siècles, la langue utilisée lors de la signature des traités internationaux. La raison est l’influence politique et culturelle de la France. Il est donc naturel qu’elle conserve aujourd’hui encore un rôle primordial lorsqu’il s’agit de communication diplomatique et institutionnelle internationale. L’un des arguments les plus solides est le fait que la langue française est parlée aujourd’hui par environ 300 million de personnes sur cinq continents. Elle est également reconnue comme langue officielle dans plus de 30 états du monde. En dehors de la France, la langue française est principalement parlée dans les pays d’Afrique, au nombre de 18, parmi lesquels les plus importants sont: la République Démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Burkina Faso, le Sénégal, le Gabon, la Guinée, le Mali, le Congo, le Bénin et la République Centrafricaine. En Europe, la française est parlé en Belgique, en Suisse, au Luxembourg et à Monaco. En Amérique du Nord et en Amérique Centrale, le Canada et Haïti sont les pays où l’on communique en français, tandis qu’en Océanie, c’est le cas du Vanuatu. La langue française est donc particulièrement présente en Europe, en Afrique et en Amérique du Nord, ce qui lui confère une importance mondiale bien méritée. De plus, le français est l’une des six langues officielles de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et l’une des langues de travail de l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO). Elle est également langue de travail dans la majorité des grandes organisations internationales et constitue un instrument fondamental de coopération politique, économique et culturelle entre les pays du monde. Outre l’ONU et l’UNESCO, le français est utilisé comme langue officielle ou langue de travail dans d’autres organisations internationales importantes. Au sein de l’Union Européenne (UE), il est fréquemment utilisée, notamment dans les domaines juridique et administratif. Au sein de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), les documents stratégiques et la communication interne sont le plus souvent bilingues (français–anglais). Tant dans l’UE que dans l’OTAN, la langue française est considérée comme langue officielle, tout comme au sein de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), du Comité International Olympique (CIO) ou de la Fédération Internationale de Football Amateur (FIFA). En tant que langue de travail, elle est également utilisée dans les documents du Conseil de l’Europe et de l’Union Postale Universelle (UPU). Outre son utilisation dans les documents, les négociations et les communications diplomatiques, le français est largement utilisée lors d’événements éducatifs et culturels. En diplomatie, le prestige de la langue française remonte aux XVIIe–XVIIIe siècles, période durant laquelle la France était extrêmement active sur la scène internationale et l’une des puissances européennes les plus influentes. À cette époque, la cour royale de Versailles a imposé le français comme langue de l’aristocratie et des négociations internationales. Deux des traités les plus importants de cette période, le Traité d’Utrecht (1713) et le Traité de Paris (1763), sont rédigés exclusivement en français, ce qui confirme d’emblée son statut de langue universelle de la diplomatie. Elle est appréciée avant tout pour sa clarité et sa précision, qualités qui facilitent la rédaction des documents et la communication entre les différentes parties en dialogue. Même si l’usage de l’anglais s’est considérablement développé après la Première Guerre Mondiale, le français demeure sans aucun doute une langue de prestige diplomatique. Par ailleurs, rien n’indique qu’une diminution du nombre de locuteurs francophones soit à prévoir dans un avenir proche; au contraire, avec la croissance démographique de l’Afrique francophone, le nombre de personnes parlant cette langue devrait augmenter. Cela ne peut que renforcer son rôle international. Zone géographique Espaces francophones (Afrique, Amériques, Asie-Pacifique, Europe) Voir aussi Réseaux culturels francophones Alliance française Emmanuel de Martonne Sources Francophonie et diplomatie d’influence La diplomatie francophone

  • Party d’cuisine

    Le « Party d’cuisine » (fête de cuisine) est une institution sociale et culturelle fonda-mentale au Québec et dans les provinces maritimes. Il s’agit d’un rassemblement informel et spontané où la famille, les voisins et les amis se réunissent dans la pièce centrale de la maison pour chanter, danser et jouer de la musique traditionnelle. Le violon est l’instrument roi de ces soirées, symbolisant la joie de vivre et la résistance culturelle francophone. Autrefois, dans les campagnes du Québec, la vie était difficile à cause du froid. La cuisine était la pièce la plus chaude de la maison grâce au poêle à bois. C’était aussi la pièce la plus grande. Pendant les longs hivers, les gens ne pouvaient pas sortir beaucoup. Alors, ils invitaient les voisins pour s’amuser. La musique québécoise vient des chansons apportées par les Français il y a longtemps. Mais elle a aussi pris des rythmes des Irlandais et des Écossais. Ce mélange a créé une musique unique qu’on ne trouve nulle part ailleurs. La façon de jouer du violon au Québec est spéciale. Le musicien joue assis sur une chaise et il fait du bruit avec ses pieds sur le plancher. On appelle cela la podorythmie. Ses pieds battent la mesure comme une batterie. Cela donne beaucoup d’énergie à la musique et donne envie de danser. On joue surtout des « reels » ou des « gigues », qui sont des musiques très rapides. Une autre tradition est la chanson à répondre : une personne chante une phrase et tout le monde répond en chantant la même chose. C’est une musique de partage où tout le monde participe, même si on ne sait pas jouer d’un instrument. On tape dans nos mains et on rit beaucoup. Le party d’cuisine montre que les francophones d’Amérique sont des gens chaleureux et solidaires. C’est un moment où on parle le français avec notre accent et nos expressions. C’est une façon de protéger notre langue dans un pays où beaucoup de gens parlent anglais. Aujourd’hui, cette tradition n’est pas disparue. Même les jeunes aiment cette musique. Il existe des groupes modernes qui jouent ces vieilles chansons avec des instruments électriques. Cela prouve que notre culture est toujours vivante et qu’elle continue de voyager de génération en génération. Ça va v’nir puis ça va v’nir mais décourageons-nous pas Moi, j’ai toujours le cœur gai pis je continue à turluter La Bolduc était une chanteuse très célèbre dans les années 1930. Elle chantait la vie des gens simples au Québec. Dans ses chansons, elle raconte souvent comment les familles s’amusent malgré la pauvreté. Ce texte est un bon exemple car il utilise des mots simples et montre que la cuisine est le cœur de la vie sociale et de la joie au Québec. Ce document montre l’importance de la musique pour garder le moral durant les moments difficiles. Le verbe « turluter » est très important ici : c’est une façon de chanter qui imite le rythme du violon. Dans un party d’cuisine, quand le violoniste s’arrête, les gens continuent souvent le rythme en « turlutant ». On voit aussi l’utilisation d’un français populaire (comme le mot « pis »), qui montre que cette musique appartient au peuple et à la vie de tous les jours Zone géographique Québec (Amériques) Voir aussi Musiques francophones Patrimoine immatériel Acadie Sources Kitchen Party

  • Joual

    Le Joual est une façon de parler le français au Québec. On le reconnaît par sa prononciation très populaire, ses expressions locales et ses mots empruntés à l’anglais. Le nom vient de la manière dont certaines personnes prononcent le mot « cheval ». Pendant longtemps, on disait que le Joual était un « mauvais français ». Mais aujourd’hui, il est devenu un symbole très important de l’identité et de la fierté des Québécois. Le mot « Joual » a commencé à être utilisé dans les années 1960. Au début, c’était une insulte. Les gens éduqués utilisaient ce mot pour critiquer la langue des ouvriers pauvres de Montréal. On pensait que c’était un signe de manque d’éducation. Cependant, durant la « Révolution tranquille », tout a changé. Le Québec a voulu s’affirmer et se moderniser. Le Joual est alors passé d’une langue méprisée à une langue de création artistique. Les intellectuels et les artistes ont compris que c’était la vraie langue du peuple, celle qui transporte ses émotions et sa réalité. Les artistes québécois ont commencé à utiliser le Joual pour se différencier du français de France, qu’ils trouvaient trop formel ou trop rigide. Le moment le plus important a été la pièce de théâtre de Michel Tremblay, Les Belles-Sœurs. Pour la première fois, on entendait sur scène des personnages parler exactement comme dans les quartiers populaires. En musique, des chanteurs comme Robert Charlebois ont mélangé le rythme du rock avec les mots du Joual. Cela a créé une musique moderne et libre. Le Joual utilise beaucoup de contractions (par exemple, on dit « Ch’sais pas » au lieu de « Je ne sais pas ») et des « sacres », qui sont des jurons inspirés de la religion catholique. Le Joual provoque souvent des débats sur ce qu’est une « bonne » langue. Pour certains, c’est une dégradation du français, mais pour d’autres, c’est une évolution naturelle et créative. Cela crée parfois de l’insécurité linguistique : les gens ont peur de mal parler. Pourtant, le Joual est aujourd’hui une source de fierté culturelle. Il montre que le français peut s’adapter à son environnement. On peut comparer le Joual au « Nouchi » en Côte d’Ivoire. Dans les deux cas, c’est une langue de la rue, inventée par le peuple, qui finit par influencer toute la culture et la musique d’un pays. Un extrait du dialogue de la pièce Les Belles-Sœurs (1968) de Michel Tremblay. Cet extrait se situe au tout début de l’œuvre. Germaine Lauzon vient de gagner un million de timbres-primes (qu’elle doit coller dans des carnets pour obtenir des cadeaux) et elle en parle avec sa fille, Linda. Extrait du dialogue : Linda Lauzon : Misère, m’man, que c’est ça ? Germaine Lauzon : C’est toé, Linda ? Linda Lauzon : Ben oui. Que c’est ça, les caisses qui traînent dans’ cuisine ? Germaine Lauzon : C’est mes timbres ! Linda Lauzon : Sont déjà arrivés ? Ah ben, j’ai mon voyage ! Eille, ç’a pas pris de temps, hein ! Germaine Lauzon : Ben non, hein ? Moé aussi j’ai resté surpris ! Tu v’nais juste de partir, à matin, quand ça sonne à ‘porte ! J’vas répondre. C’tait un espèce de grand gars. J’pense que tu l’aurais trouvé d’ton goût, Linda. [...] Y m’demande, comme ça, si chus madame Germaine Lauzon, ménagère. J’dis qu’oui, que c’est ben moé. Y m’dit que c’est mes timbres. Ah ben c’est ben simple, me v’là toute énarvée ! Ce document est essentiel car il montre comment le Joual s’écrit. On y voit des expressions colorées et une structure de phrase très directe. En lisant ce texte, on comprend que l’auteur ne voulait pas seulement écrire une pièce, mais qu’il voulait donner une voix et une dignité aux gens qui ne se sentaient jamais représentés dans les livres ou à la télévision. Zone géographique Québec (Amériques) Voir aussi Discrimination linguistique Joual Accent (Québec) Sources Joual (Wikipédia) Joual (ULaval) Joual (The Canadian Encyclopedia) Les Belles-Sœurs (The Canadian Encyclopedia)

  • Musiques francophones

    La musique francophone regroupe l’ensemble des créations musicales dont les paroles sont principalement en langue française. Elle ne se limite pas du tout aux frontières de la France. Au contraire, elle appartient à une multitude de cultures différentes réparties sur les cinq continents. C’est un immense espace de création où la langue française sert de lien entre des rythmes, des instruments et des histoires très variés. Chanter en français, c’est utiliser une langue commune pour partager des émotions avec des millions de personnes à travers le monde. Pendant longtemps, la musique francophone a été surtout connue pour la « chanson à texte » européenne. Des artistes comme Jacques Brel ou Édith Piaf utilisaient la poésie du français pour raconter des histoires fortes. Cependant, après l’époque de la décolonisation et avec l’arrivée des nouvelles technologies comme Internet, la situation a beaucoup changé. La musique est devenue un véritable carrefour d’échanges mondiaux. Aujourd’hui, on dit que la francophonie musicale est « polycentrique ». Cela signifie qu’il n’y a plus un seul centre, mais plusieurs villes importantes : Montréal au Canada, Kinshasa au Congo, Paris en France, Bruxelles en Belgique et Dakar au Sénégal sont tous des lieux de création majeurs. Dans de nombreux pays, la musique en français est un outil essentiel pour la cohésion sociale. En Afrique subsaharienne, par exemple, il existe des dizaines de langues locales différentes. Le français devient alors une « langue véhiculaire » : il permet aux artistes de s’adresser à tout le monde, au niveau national et international. Les musiciens utilisent le français pour parler de thèmes importants comme la politique, l’amour ou les problèmes de la vie quotidienne. Ils mélangent cette langue avec des sonorités locales, créant ainsi des styles uniques qui plaisent autant aux jeunes qu’aux adultes. La musique francophone fait face à trois grands défis aujourd’hui. Le premier est la protection de la diversité face à la domination de la musique en anglais. Pour aider les artistes locaux, beaucoup de pays francophones imposent des quotas à la radio. Cela oblige les radios à diffuser un certain pourcentage de chansons en français. Le deuxième défi est celui de l’hybridation. La musique moderne adore les mélanges. On voit apparaître des genres nouveaux, comme l’Afro-trap, qui mélangent le français avec des langues comme le wolof ou l’arabe. Enfin, il y a l’enjeu de l’identité. Pour des régions comme le Québec ou la Louisiane, chanter en français est un acte politique. C’est une manière de protéger leur culture et de dire « nous existons » malgré la pression de la culture anglophone qui les entoure. Pour bien comprendre cette diversité, on peut regarder deux exemples célèbres. D’abord, Stromae. Cet artiste belge, d’origine rwandaise, mélange les rythmes de l’électro européenne avec des thèmes profonds et des sons africains. Il prouve que le français peut être global, dansant et moderne. Ensuite, Céline Dion. Originaire du Québec, elle a réussi à devenir une star mondiale. Elle peut chanter aussi bien des ballades classiques françaises que des chansons pop modernes, tout en restant très fière de sa culture francophone canadienne. Ce clip est un excellent document car il illustre l’hybridation culturelle. Les paroles parlent de l’absence d’un père en français, mais la musique utilise des rythmes qui font danser le monde entier, montrant la force de la francophonie actuelle. Zone géographique Espaces francophones (Afrique, Amériques, Asie-Pacifique, Europe) Voir aussi Zouk (Antilles) Zydeco Party d’cuisine Sources Chanson française (Wikipédia) La francophonie en chansons

  • Université de Louvain

    L’Université catholique de Louvain, fondée en 1425 par le duc de Brabant et confirmée par la bulle papale de Martin V, traversa la période la plus difficile de son existence récente pendant les années 60, bouleversée et accablée par d’énormes problèmes linguistiques, administratifs, sociaux et politiques. La Belgique fut toujours un pays troublé par des questions linguistiques, bien qu’aujourd’hui, ça ne le soit plus autant. A ses débuts, un pays unilingue francophone, qui tolérait le néerlandais et qui en traduisait les lois, devenu de nos jours, après beaucoup de friction, de conflits sociaux, et de Reformes d’État, un état fédéral, avec trois langues officielles, trois Communautés, trois Régions, et une frontière linguistique bien délimitée. Les deux langues, le français et le néerlandais, ont eu l’autonomie linguistique en 1962 dans le cadre de l’université. Pourtant, l’affaire de Louvain commence en 1966, lorsque les évêques de Belgique déclarent que l’université devrait rester à Louvain (ville néerlandophone), bien que d’autres endroits aient été explorés pour l’expansion. Les premières grèves flamandes débutaient et perduraient pendant plusieurs années, jusqu’à ce que la scission de l’Université catholique de Louvain ait lieu (UCLouvain et KU Leuven). Le problème des Wallons ? Les slogans nationalistes flamands, perçus comme racistes par les Wallons : « Walen buiten !» (les Wallons dehors). Une nouvelle réalité vint d’un coup sur les francophones : ils n’étaient plus les bienvenus. La langue française devait impérativement se faire exclure du milieu flamand, immédiatement. Pour tous ceux qui espéraient que l’État unitaire resterait intact, cette affaire mettait fin à de telles pensées. Pour les Wallons qui voulaient une cohabitation, surtout dans un centre universitaire si connu et si prestigieux, cela s’avéra impossible. Aujourd’hui, les deux universités existent toujours : l’Université catholique de Louvain (UCLouvain), francophone, située à Louvain-La-Neuve, et Katholieke Universiteit Leuven (KU Leuven), néerlandophone, située à Louvain. Zone géographique Belgique (Europe) Voir aussi Belgicisme Discrimination linguistique Diplomatie francophone Sources Affaire de Louvain (Wikipédia) Catholic University of Louvain Site de l’Université catholique de Louvain Site de la Katohlieke Universiteit Leuven

  • Québec

    Avant la colonisation française, le Québec était habité par des peuples indigènes américains. La colonisation française à proprement dit commence en 1608 (ville de Québec). À partir de 1668, elle sera connue comme la Nouvelle-France, et s’appuiera surtout sur la fourrure comme ressource économique. Il ne sera plus très longtemps le cas d’avoir un lien direct avec la France : face à sa défaite dans la Guerre de Sept Ans en 1763, elle cèdera ses possessions dans l’actuel Canada aux britanniques. Évidemment, ils ne sont pas francophones, ils ne sont pas catholiques, et donc, cela pose un énorme problème aux Français de Québec. L’acte de Québec de 1774 assure que toutes leurs libertés soient respectées, y compris le droit français. Il reste pourtant beaucoup de problèmes au Québec, surtout le manque d’opportunités en tant que francophone, une politique dure d’assimilation à cause de l’Acte d’Union (1840), mais aussi un esprit nationaliste qui nait au commencement du XXe s. En 1967, le général de Gaulle exclame le fameux « Vive le Québec libre ! », ce qui ne fait que raviver le feu québécois. Ce n’est qu’en 1977 que la question linguistique se résout une fois à jamais, avec la Charte de la langue française (Loi 101/Bill 101), elle fait du français la seule langue officielle au Québec. En 1980, les québécois votent NON à 59.56% lors du referendum pour l’indépendance, alors que le résultat du referendum de 1995 était bien plus serré, avec uniquement 50,58% des voix en défaveur. En effet, aujourd’hui, le Québec profite d’une indépendance linguistique, sans oppression ou discrimination contre le français, du moins dans le cadre du Canada fédéral. Zone géographique Québec (Amériques) Voir aussi Joual Police (Québec) Accent (Québec) Sources Histoire du Québec (Wikipédia) Charte de la langue française (wikipédia) Référendum québécois de 1980 (Wikipédia)

  • Louisiane

    La Louisiane, actuellement un état dans les États-Unis, était une colonie française, nommée en l’honneur de Louis XIV, le roi soleil. Les français prennent contrôle du territoire le 9 avril 1682, mais la véritable colonisation ne commence qu’au XVIIIe s. L’ancienne colonie était bien plus grande que l’état actuel. La même guerre qui fait perdre le Québec à la France, fait aussi perdre la Louisiane aux espagnols. Mais, en 1791-1795, certains colons francophones envoient des pétitions vers la Métropole, et les esclaves tentent de se révolter. Cela fait en sortes que la France puisse acheter à nouveau la Louisiane, en 1800, en échangeant le duché de Parme au roi d’Espagne. Cela se ratifie en 1803. La même année, Napoléon vend la Louisiane aux États-Unis contre une somme qui correspondrait aujourd’hui à 500 millions d’euros, pour financer les guerres que la France menait. Le territoire était majoritairement francophone jusqu’à la fin de la Guerre de Scission. A cause des manques d’opportunités économiques, ainsi que d’une forte immigration anglophone en Louisiane, le taux de locuteurs de français en Louisiane comptait 7% en 2003. Le français n’obtient pas le statut de langue officielle, comme au Canada. Il est estimé qu’un quart de la population aurait une ascendance française. Beaucoup d’entre eux ont des noms de familles d’origine française, comme Boucher par exemple. On peut aussi observer beaucoup de toponymes français (Detroit, Baton Rouge, Saint-Louis, New Orleans, etc.). Zone géographique Louisiane (Amériques) Voir aussi Mardi gras (Louisiane) Vaudou Zydeco Hybridation culturelle Sources Louisiane — Nouvelle-France (Wikipédia)

  • Discrimination linguistique

    La discrimination linguistique désigne le traitement inégal d’individus en raison de la langue qu’ils parlent, de l’accent, ou même de la manière de s’exprimer. Elle peut se manifester dans beaucoup de formes, que ce soit dans le passé ou le présent. Ce phénomène repose sur l’idée que certaines langues ou variétés linguistiques seraient supérieures à d’autres. Historiquement, la discrimination linguistique arrive très souvent aux XIXe et XXe siècles, quand les États-nations se forment, parce qu’ils imposaient toujours une variété de la langue au détriment des autres, au nom de l’unité nationale et culturelle, ainsi que dans des buts politiques (surtout, mais pas uniquement, administratifs). Cela a mené à la disparition de beaucoup de dialectes locaux, comme le picard, voire même des langues à part entière, comme l’occitan. Dans le cas de la France, cela est arrivé encore plus tôt, lors de la Révolution Française[2] à la fin du XVIIIe s. (voir article « L’imposition du Français en France »). Pour la Roumanie, cela arrive uniquement à partir de l’époque communiste, qui impose une langue standardisée et une grammaire normée à la moitié du XXe s. : les « patois » régionaux deviennent des fautes d’orthographe, de pronon-ciation, de grammaire, etc. Ces systèmes réussissent à s’imposer en raison de l’éducation obligatoire et du marché du travail, où tout le monde devait parler la langue officielle au risque de se faire punir, ou de ne pas trouver d’emploi. Par exemple, les élèves Wallons étaient punis en Belgique à partir de 1952 s’ils parlaient la langue de leurs parents à l’école, alors que le français était devenu la langue officielle de l’enseignement après la fin de la Première Guerre Mondiale. Ce phénomène s’observe aussi dans les contextes coloniaux, au point où, même de nos jours, des décennies après la décolonisation, les langues des pouvoirs européens restent officielles et servent de lingua franca dans beaucoup de pays africains. Si ce phénomène était très courant dans le passé, ce n’est pas pour autant qu’il soit disparu au XXIe s. ; il a simplement pris des formes différentes, parce que, dans beaucoup de cas, les langues discriminées sont disparues, ou restent à un doigt de disparaitre, comme le breton et l’irlandais. Malgré cela, certains pays font des efforts de réintégrer certaines langues, ou même de les faire revivre : l’hébreu qui, depuis le IIIe s., était une langue dite « morte », c’est-à-dire une langue uniquement écrite, une langue liturgique mais qui revit encore une fois grâce aux efforts de la réanimer. Maintenant, elle est parlée par les juifs en Israël. D’autres langues incluent l’irlandais et le gallois (Pays de Galles). Zone géographique Espaces francophones (Afrique, Amériques, Asie-Pacifique, Europe Voir aussi Centralisation linguistique Diglossie Joual Sources Discrimination linguistique (Wikipédia)

  • Centralisation linguistique

    La langue française n’a pas toujours été la langue de la France, de la Belgique, et de la Suisse. À ses prémices, le francien (l’ancien français) n’était parlé qu’en Ile-de-France et dans ses alentours, et, bien sûr, par le roi et sa cour. Bien évidemment, aujourd’hui, peu importe l’endroit où l’on se trouve en France ou même dans les pays voisins francophones, comme la Belgique et la Suisse, on y parle français. Ce n’est pourtant qu’à partir de la Révolution Française que ce phénomène pris de l’ampleur. Le 27 janvier 1794, Bertrand Barère, homme politique Français, prononça : « Le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton ; l’immigration et la haine contre la République parlent allemand ; la contre-révolution parle italien et le fanatisme parle basque ». C’est une véritable attaque sur les langues régionales et le patois de la France. Le 20 juillet 1794, le français devint l’unique langue officielle en France, en raison d’unifier le peuple et de faire répandre les idées révolutionnaires au pays. L’enseignement devint d’un coup unilingue, malgré toutes les langues parlées en France à l’époque. Aujourd’hui, bien que certains efforts soient faits pour conserver ces langues, elles souffrent d’un usage très peu fréquent, et la plupart des locuteurs sont âgés. Il y a un manque de transfert linguistique entre les générations, ce qui fait que la majorité d’entre elles sont en voie de disparition. Zone géographique France (Europe) Voir aussi Discrimination linguistique Diglossie Québec Sources Français (Wikipédia) L’imposition de la langue (1789-1815)

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