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  • Contact culturel

    Le contact culturel désigne la rencontre et l’interaction entre différentes cultures, entraînant des échanges, des transformations et parfois des tensions. Dans les espaces francophones, il résulte souvent de contextes historiques, migratoires ou coloniaux. Le contact culturel est au cœur de la francophonie, qui se caractérise par la coexistence de traditions, de langues et de pratiques issues de contextes variés. Il se manifeste dans des situations où des groupes culturels entrent en interaction durable, par exemple dans les sociétés postcoloniales, les espaces urbains multiculturels ou les diasporas. Dans ces contextes, les cultures ne restent pas figées : elles évoluent au contact les unes des autres. Cela peut donner lieu à des phénomènes d’hybridation, visibles dans la langue, la musique, la cuisine ou les pratiques sociales. Par exemple, dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, le français coexiste avec des langues locales, ce qui influence les usages linguistiques et les formes d’expression culturelle. Le contact culturel peut être source d’enrichissement, en favorisant la créativité et l’ouverture. Il permet la circulation d’idées, de pratiques et de formes artistiques. Toutefois, il peut également engendrer des déséquilibres, notamment lorsque certaines cultures dominent d’autres, comme dans les contextes hérités de la colonisation. Cela soulève des questions liées à l’identité, à la légitimité culturelle et aux rapports de pouvoir. Ainsi, le contact culturel ne se limite pas à une simple coexistence : il implique des dynamiques complexes de transformation, d’adaptation et parfois de résistance. Il constitue un élément essentiel pour comprendre les réalités contemporaines de la francophonie. La chanson Djadja d’Aya Nakamura illustre un contact culturel à travers plusieurs éléments linguistiques précis. Sur le plan linguistique, on observe l’usage d’un français familier et urbain, marqué par l’oralité et l’argot, comme dans l’expression : « Oh Djadja, y a pas moyen Djadja ». Le terme Djadja, issu de l’argot, désigne un homme peu fiable ou trompeur. Par ailleurs, certaines tournures comme « j’suis pas ta catin Djadja, genre en catchana baby tu dead ça » témoignent d’un mélange d’influences linguistiques, combinant français, expressions issues de cultures africaines et langage urbain contemporain. L’ensemble montre comment différentes influences culturelles et linguistiques se rencontrent et se recomposent dans un même objet artistique. Zone géographique Espaces francophones (Afrique, Amériques, Asie-Pacifique, Europe) Voir aussi Chiac Hybridation culturelle Colonisation et décolonisation Créolisation Sources Organisation internationale de la Francophonie, Diversité des expressions culturelles dans l’espace francophone UNESCO, Diversité des expressions culturelle

  • Chiac

    Le chiac est une variété de français acadien caractérisée par un mélange de français et d’anglais, dans lequel des éléments des deux langues coexistent au sein d’une même phrase ou d’un même discours. Le chiac est principalement parlé dans la région de Moncton, au Nouveau-Brunswick, où les communautés francophones et anglophones cohabitent depuis plusieurs générations. Il résulte d’un contact linguistique prolongé entre le français acadien et l’anglais, dans un contexte minoritaire francophone. Cette variété linguistique se manifeste par l’intégration de mots anglais dans une structure syntaxique française, ou inversement. Par exemple, un locuteur peut dire : « Je vais parker le char », combinant des éléments des deux langues. Le chiac ne se réduit cependant pas à un simple mélange aléatoire : il suit des régularités et constitue une pratique linguistique stable au sein de certaines communautés. Longtemps perçu comme une forme “incorrecte” de français, le chiac a été stigmatisé, notamment dans les milieux scolaires et institutionnels. Il est aujourd’hui de plus en plus revendiqué comme un marqueur identitaire fort, en particulier dans les domaines artistiques. Des auteurs et des musiciens acadiens l’utilisent pour affirmer une identité culturelle propre et pour refléter la réalité linguistique de leur environnement. Le chiac illustre ainsi les dynamiques du contact des langues dans l’espace francophone, où les pratiques linguistiques évoluent en fonction des contextes sociaux, historiques et culturels. Il témoigne également des tensions entre norme linguistique et usages réels, ainsi que des enjeux liés à la reconnaissance des variétés non standard. Cette chanson illustre l’usage du chiac à travers un mélange fluide de français et d’anglais dans une même structure. Par exemple, dans « j’vas rider mon bike », le verbe anglais ride est intégré à une syntaxe française, tandis que bike remplace vélo. De même, « check ça » constitue un emprunt direct à l’anglais, utilisé comme un verbe courant. Ces alternances régulières montrent que le chiac n’est pas un mélange aléatoire, mais un système linguistique cohérent, lié à une identité acadienne contemporaine. Zone géographique Acadie (Nouveau-Brunswick, Canada) Voir aussi Contact culturel Acadie Joual Discrimination linguistique Sources L’Encyclopédie canadienne (chiac)

  • Gastronomie francophone

    La gastronomie francophone est l’ensemble des traditions culinaires et des habitudes alimentaires dans les pays où on parle français. Ce n'est pas seulement manger, c'est une culture, une histoire et un moment social très important pour partager avec les amis. La gastronomie est une partie essentielle de l'identité francophone. Chaque région a ses spécialités parce que le climat et l'histoire sont différents. En France, la gastronomie est très célèbre. Les Français aiment les produits de qualité comme le fromage, la baguette et les pâtisseries. Pour eux, le repas est un rituel : on prend le temps de manger et de parler. La France influence beaucoup les autres pays avec ses techniques de cuisine. Au Québec, la cuisine est un mélange unique entre les traditions françaises et la culture nord-américaine. À cause du froid en hiver, les plats sont souvent riches et généreux. On utilise beaucoup de produits locaux, comme le sirop d’érable, pour faire des recettes sucrées et salées. Montréal est une ville très cosmopolite où on peut manger des plats traditionnels mais aussi des créations modernes. En Afrique francophone, comme au Sénégal ou au Cameroun, la cuisine utilise beaucoup de riz, de légumes et d'épices. Le repas est souvent un acte collectif : les gens mangent ensemble dans un grand plat pour montrer la solidarité. La gastronomie francophone montre la diversité des cultures. Elle évolue avec le temps grâce aux échanges entre les continents. C’est un patrimoine immatériel très riche qui attire beaucoup de touristes chaque année. Cette image montre différents plats de la gastronomie francophone et illustre sa diversité. Zone géographique Espaces francophones (Afrique, Amériques, Asie-Pacifique, Europe) Voir aussi Gastronomie vietnamienne (influence française) Poutine Fromage (Suisse) Chocolat (Belgique) Sources TV5 Monde — La gastronomie à l’honneur La cuisine, ciment social des communautés francophones

  • Médias francophones

    Les Médias Francophones Publics représentent une association fondée en janvier 2016. Son but est de valoriser la culture francophone tout en offrant des informations sur l’actualité locale et internationale. Comme ces types de médias constituent des organes de presse, on peut les retrouver sous forme écrite (presse écrite) ou numérique (radio, télévision, ou sur le web). De plus, ils visent à encourager le partage d’informations parmi leurs membres et à anticiper les tendances majeures liées aux nouvelles pratiques numériques. Le siège de cette association de droit français est à Paris. Elle est le résultat de la fusion en une seule entité de deux associations représentant les médias publics francophones : la Communauté des Télévisions Francophones (CTF) et les Radios Francophones Publiques (RFP). Cette fusion a entraîné la dissolution de ces dernières, tandis que la présidence de l'association a été confiée à Gilles Marchand, directeur de la RTS (Radio Télévision Suisse). Son succès incontesté est évident : chaque jour, les MFP touchent près de 290 millions de téléspectateurs et d'auditeurs à travers le monde. Ce chiffre s'explique par la gestion de 21 chaînes de télévision et 23 stations de radio, en plus de nombreuses plateformes numériques. Bien sûr, les MFP ne se limitent pas à la France, car ils rassemblent quatorze groupes de médias publics issus de cinq pays : la France, la Belgique, le Canada, Monaco et la Suisse. L'évolution et les défis des médias francophones L’évolution de ce type de média ne pourrait être comprise sans prendre en compte l’histoire de la France. Sans aucun doute, les politiques extérieures et intérieures ont joué un rôle majeur, notamment à cause des guerres et de la nécessité pour les citoyens d’être informés. Néanmoins, grâce à cette évolution, l’économie a connu une nette amélioration, car les grandes cités commerciales ont activement participé au développement de certains médias. Enfin, il faut considérer l’aspect culturel et social. Il est vrai que l’anglais a gagné beaucoup de terrain, ce qui rend difficile le maintien d'une position de leader ; c’est pourquoi les MFP sont engagés dans une quête permanente d'innovation. Cependant, les défis des MFP ne s’arrêtent pas là. Le XXIe siècle représente la période où les fausses informations (fake news) atteignent leur apogée, et il peut être difficile de les différencier de la vérité. En outre, les Médias Francophones ne sont pas utilisés uniquement pour s’informer sur la vie quotidienne ; ils constituent également un puissant moyen d’apprentissage. Par exemple, les débutants en français utilisent les MFP pour s'améliorer. On peut le voir avec Radio France Internationale (RFI), qui offre plusieurs catégories de podcasts, y compris ceux destinés à apprendre et réviser la langue. Selon ce sondage mené au début de l'année 2018, on observe déjà un nombre élevé d'utilisateurs qui s'informent via Internet. Cependant, il est évident que ces pourcentages ont considérablement augmenté depuis, car l'usage du numérique a pris une ampleur sans précédent. Aujourd'hui, le public s'appuie de plus en plus sur ces réseaux d'information en ligne pour suivre l'actualité en temps réel. Cette image illustre l'ensemble des membres des MFP. On y voit clairement non seulement le grand nombre d'organisations, mais aussi la facilité avec laquelle les lecteurs peuvent accéder à n'importe quelle information, à tout moment et quel que soit le lieu. Tout cela est rendu possible grâce à une collaboration solide entre eux depuis dix ans. Zone géographique Espaces francophones (Afrique, Amériques, Asie-Pacifique, Europe) Voir aussi Radio France Le Monde Le Figaro Sources L’histoire des médias en France Les médias francophones publics Les médias francophones publics (Wikipédia)

  • Diglossie

    La diglossie du français en Amérique est un concept défini par Charles A. Ferguson et désigne le fait que, dans une même communauté, deux variétés d’une langue coexistent et sont utilisées dans des contextes différents. L’une est considérée comme la variété « haute », c’est-à-dire la langue standard, utilisée à l’école, dans l’écriture ou dans des situations officielles. L’autre est la variété « basse », utilisée dans la vie quotidienne, plus naturelle et plus spontanée. En Amérique du Nord, cette situation est très visible dans des régions comme Québec, Acadie ou Louisiane. Le français standard y coexiste avec des variétés locales comme le français québécois ou acadien. Les différences entre ces formes peuvent être assez importantes, surtout au niveau de la prononciation et du vocabulaire. Cette situation s’explique par l’histoire. Le français a été introduit dans ces régions pendant la colonisation, puis les communautés sont restées relativement isolées des évolutions de la langue en France. En même temps, le contact constant avec l’anglais a influencé la langue. On observe donc deux phénomènes : d’un côté, la conservation de formes anciennes, et de l’autre, l’apparition de nouvelles particularités.La diglossie ne concerne pas seulement la langue, mais aussi la société. Pendant longtemps, les variétés locales ont été considérées comme moins prestigieuses que le français standard. Aujourd’hui, elles sont de plus en plus valorisées et vues comme une partie importante de l’identité culturelle. Au Québec, par exemple, la manière de parler peut varier selon la situation ou le milieu social.En conclusion, la diglossie du français en Amérique montre que la langue évolue et s’adapte à son contexte. Elle reflète aussi la richesse et la diversité du monde francophone. Un document intéressant est une vidéo qui explique le français québécois. On peut y observer les différences entre le français standard et le français parlé, notamment au niveau de l’accent, du vocabulaire et de la grammaire. Ce document permet de mieux comprendre la situation de diglossie en Amérique. Zone géographique Amériques Voir aussi Discrimination linguistique Langue créole (Martinique) Joual Sources Diglossie (Office québécois de la Langue française)

  • René Caillié

    J’ai toujours été fasciné par les explorateurs et, durant mon adolescence et ma jeunesse, j’ai lu tout ce que je pouvais sur les grandes découvertes géographiques et les grands aventuriers : Christophe Colomb, Fernand de Magellan, James Cook, Louis Antoine de Bougainville, Vasco de Gama. Et je ne manquais jamais les documentaires de Jacques‑Yves Cousteau. Je rêvais les yeux ouverts de territoires encore vierges. Malheureusement, je suis né quelques siècles trop tard… Nous sommes en Afrique, au début du XIXe siècle, dans ses premières décennies. Aucun Européen n’était encore revenu vivant de Tombouctou (Mali), mystérieuse cité aux confins du Sahara, réputée aussi riche qu’inaccessible. La plupart des expéditions britanniques qui avaient tenté d’y parvenir avaient tragiquement échoué. René Caillié comprit dès le départ qu’une expédition classique, visible, n’aurait aucune chance de réussir. Il craignait pour sa sécurité. C’est pourquoi il se prépara pendant huit mois en vivant parmi les Maures Brakna, apprenant l’arabe et les coutumes islamiques. Il était déterminé: il se préparait à entrer seul dans Tombouctou, déguisé en musulman. Il entra dans la ville le 20 avril 1828, voyageant à bord de l’une des quelque quarante embarcations qui se dirigeaient vers la cité, reliée par des canaux au fleuve Niger. Il ne la trouva ni mystérieuse ni riche. Il la décrivit, au premier regard, comme „une masse de maisons laides, construites en terre”. Après un séjour de deux semaines, il quitta la ville le 4 mai 1828, accompagnant une caravane de 600 chameaux qui se dirigeait vers le nord, traversant le désert du Sahara. La caravane transportait des esclaves, de l’or, de l’ivoire, de la gomme arabique, des plumes d’autruche, des vêtements et des tissus. Il arriva à Fès (Maroc) le 12 août, d’où il embarqua sur une frégate à destination de Toulon (France). René Caillié est le premier Européen à revenir vivant de Tombouctou. Il reçut 9 000 francs de la Société de Géographie pour les informations précises qu’il rapporta sur la cité saharienne. En 1830, il publia son journal en trois volumes, Journal d’un voyage à Temboctou et à Jenné dans l’Afrique Centrale. René Caillié mourut de tuberculose le 17 mai 1838. À une époque où les expéditions étaient massives, soutenues par des soldats et des porteurs, l’explorateur français voyagea seul, étudiant les coutumes et la religion islamique, vivant et se déplaçant comme les habitants du pays. Zone géographique France (Europe), Mali (Afrique) Voir aussi Colonisation et décolonisation Indépendance sénégalaise Diplomatie francophone Sources René Caillié (Wikipédia)

  • Zouk (Vanuatu)

    Le Vanuatu est un archipel volcanique d’Océanie composé de plus de 70 îles, situé à plus de 1 700 kilomètres de l’Australie. La chaîne d’îles s’étend sur environ 800 kilomètres. L’archipel a été administré conjointement par la France et le Royaume‑Uni à partir de 1906, selon certaines sources, ou dès 1887 selon d’autres. D’abord appelé „Nouvelles‑Hébrides”, le Vanuatu est devenu une république indépendante en 1980. Le français est l’une des trois langues officielles du pays, aux côtés de l’anglais et du bislama (ou bichlamar). Les influences françaises se retrouvent dans la langue, l’éducation, la religion et certaines expressions culturelles modernes. L’une de ces expressions est la musique zouk, très populaire dans les villes et dans les clubs. La culture française est particulièrement présente à Port Vila, la plus grande ville de l’archipel, ainsi que dans les zones à population majoritairement francophone. Le zouk est un genre musical originaire des Antilles françaises, notamment de la Guadeloupe et de la Martinique, popularisé au début des années 1980 par le groupe Kassav’. Ce style est un mélange de rythmes caribéens, africains et nord‑américains, utilisant le plus souvent le créole français, développé dans les anciennes colonies françaises comme une langue à part entière, dotée de son propre vocabulaire et de sa propre structure. Le zouk est arrivé au Vanuatu grâce aux médias francophones de Port Vila et à l’intérêt des jeunes citadins, qui ont adopté ce genre comme une composante de la culture pop moderne. Groupe Kassav' Zone géographique Vanuatu (Océanie) Voir aussi Zouk (Antilles) Patrimoine immatériel Musiques francophones Sources Zouk (Wikipédia)

  • École des Beaux-Arts (Indochine)

    Nous savons à quel point les formes d’expression artistique peuvent être différentes, non seulement d’un continent à l’autre ou d’un pays à l’autre, mais parfois même entre deux villes voisines. Le langage visuel est aussi le résultat d’un contexte culturel spécifique - national, régional ou local - le plus souvent hérité d’anciennes traditions. Il subit des transformations et finit par trouver sa place dans les courants modernistes. Parce qu’il est si particulier, de nombreuses tentatives visant à combiner, dans une formule nouvelle, deux formes d’expression différentes se sont soldées par des échecs. C’est pourquoi l’École des Beaux-Arts de l’Indochine (EBAI) est d’autant plus précieuse: une école artistique unique au monde, qui a réussi à combiner l’art plastique européen (français) avec l’art asiatique (vietnamien). L’apparition de la peinture vietnamienne moderne est attribuée à l’influence des arts plastiques français. L’EBAI fut fondée en 1925, à Hanoï, par le peintre français Victor Tardieu et l’artiste vietnamien Nguyễn Nam Sơn. En Asie du Sud-Est, l’École des Beaux-Arts de l’Indochine a marqué trois grandes premières: elle fut la première académie d’art occidental de la region, elle introduisit la perspective linéaire, l’anatomie, le dessin académique, la peinture à l’huile, la composition modern - des concepts jusque-là inexistants dans la tradition vietnamienne - et elle forma la première génération d’artistes professionnels vietnamiens. Ainsi, l’académie de Hanoï est le lieu où naît la peinture vietnamienne moderne. Qu’ont apporté les Vietnamiens à cette combinaison? Tout d’abord, ils n’ont pas copié le modèle français: ils l’ont adapté à leur sensibilité nationale. Ont été conservés comme éléments traditionnels intégrés dans la nouvelle expression artistique: la soie, les laques traditionnelles, les thèmes locaux (la vie rurale, les paysages asiatiques, la femme vietnamienne), la chromatique orientale (tons chauds, délicats, atmosphériques). Tout cela a donné naissance à une esthétique hybride, ni européenne ni asiatique, entièrement nouvelle. Il convient de mentionner trois des représentants les plus importants: Tô Ngọc Vân, qui combine la technique française avec la sensibilité poétique vietnamienne; Nguyễn Phan Chánh, considéré comme le père de la peinture moderne sur soie; et Nguyễn Gia Trí, maître de la peinture moderne sur laque. Les œuvres des artistes vietnamiens sont aujourd’hui vendues dans les célèbres maisons de vente Christie’s et Sotheby’s pour des sommes dépassant un million de dollars, ce qui témoigne de l’existence d’un marché de l’art extrêmement apprécié. Aucune autre colonie française n’a produit une école artistique moderne aussi originale, capable de combiner avec succès la technique occidentale, l’esthétique orientale, les thèmes locaux et une identité visuelle entièrement nouvelle. C’est un exemple éclatant de transfer culturel franco-asiatique. La première promotion de l’EBAI autour de Victor Tardieu, 1926. Zone géographique Vietnam (Asie) Voir aussi Hybridation culturelle Guerre d’Indochine Gastronomie vietnamienne (influence française) Sources École des Beaux-Arts du Vietnam (Wikipédia)

  • Salon du Livre francophone

    Le Liban m’a toujours intrigué, d’abord parce que, dans mon esprit, j’avais l’image d’un pays musulman dont les frontières ne me semblaient pas vraiment stables; je le percevais plutôt comme un territoire coincé entre la Syrie, Israël et la Mer Méditerranée. Puis j’ai lu dans la revue Lumea que le français est la deuxième langue parlée au Liban, ce que je ne comprenais pas très bien. En me documentant pour une interview avec la photographe libanaise Rania Matar sur la féminité au Moyen-Orient, à l’époque où j’étais éditeur à PHOTO magazine, j’ai découvert davantage de choses sur le Liban. Notamment que le Salon du Livre Francophone est le troisième plus grand salon du livre francophone au monde. Encore une chose qui me paraissait étrange, car en dehors de Paris et Montréal, il existe de nombreuses grandes villes francophones plus importantes que Beyrouth, une capitale constamment sous pression, où la culture du livre ne semblait pas occuper une place essentielle. Même si elle est souvent surnommée le « Paris de l’Orient ». Mais comme la France est le premier partenaire universitaire du Liban, il est naturel que la langue française soit utilisée dans l’administration et l’éducation, mais aussi dans les médias et les affaires. Le Salon du Livre Francophone est considéré comme l’événement francophone le plus important du Moyen-Orient, attirant entre 50 000 et 100 000 visiteurs à chaque édition. Le salon est organisé par l’Institut français du Liban, à l’initiative de l’Ambassade de France, depuis 1992. Comme pour d’autres événements de ce type, près de dix jours de fête du livre donnent lieu à des rencontres avec des écrivains, des conférences et débats sur divers sujets, des expositions, des concerts, des ateliers et des séances d’autographes. Les invités viennent de la plupart des pays francophones, aux côtés de nombreux écrivains libanais. Un moment unique du festival est le „Quart d’heure de lecture nationale” : quinze minutes de lecture simultanée dans tout le Liban. Le matin, le salon est visité par de nombreux groupes d’élèves des écoles et lycées, afin de renforcer la présence du français dans l’éducation libanaise. En raison de l’instabilité politique de la région, depuis 2022, le Salon du Livre Francophone s’est transformé en Beyrouth Livres, un festival littéraire décentralisé qui se déroule dans des librairies, musées, théâtres et espaces urbains à travers tout le pays, toujours organisé par l’Institut français. Le programme comprend plus de 80 événements dans plus de 20 lieux différents. Beyrouth Livres est décrit comme une célébration de la francophonie et du multilinguisme libanais. Zone géographique Liban (Asie) Voir aussi Réseaux culturels francophones Diplomatie francophone Contact culturel Sources Salon du livre de Beyrouth (Wikipédia)

  • Emmanuel de Martonne

    Je documente visuellement la ville depuis plus de quinze ans. Je photographie les transformations au moment où elles se produisent et je repasse souvent plusieurs fois par les mêmes endroits pour voir ce qui a changé. À ma grande honte, j’ai remarqué seulement quelques mois après le dévoilement du buste (1ᵉʳ avril 2019) qu’Oradea avait une nouvelle statue dans le parc du 1ᵉʳ Décembre. Il s’agit du géographe français de renommée internationale Emmanuel de Martonne (1873–1955). Je ne savais rien de lui, bien que je me flatam d’avoir la géographie, en général, „la petite sur le doigt”. Et quel lien pouvait-il avoir avec la Roumanie? Je me suis donc informée. Né le 1ᵉʳ avril 1873 à Chabris, en France, Emmanuel de Martonne fut le disciple de Paul Vidal de la Blache, considéré comme le fondateur de la géographie moderne française. Il étudia l’histoire et la géographie à l’École Normale Supérieure, puis devint professeur à Rennes, Lyon et Paris (Sorbonne). En France, il est considéré comme le fondateur de la géographie physique générale, avec des spécialisations en géomorphologie et en climatologie. Son célèbre traité Traité de géographie physique (1909) demeure aujourd’hui encore une référence majeure pour l’étude de la géographie physique du XXe siècle. Il fut l’un des premiers scientifiques à promouvoir le travail de terrain, la cartographie et l’analyse du relief à l’aide de blocs-diagrammes. Son lien avec la Roumanie remonte à l’époque de son doctorat, lorsqu’il réalise une monographie géographique de la Valachie. Sa carrière scientifique débute avec une étude sur les Carpates méridionales, qu’il nomme pour la première fois „Les Alpes de Transylvanie”. L’idée de s’intéresser aux plus hautes montagnes de Roumanie lui fut suggérée par le critique littéraire Pompiliu Eliade, son collègue à l’École Normale Supérieure. Après sa thèse de doctorat, il rédige un autre ouvrage consacré à la Valachie, portant sur la répartition géographique de la population dans cette région d’Europe. De plus en plus proche de la Roumanie, Emmanuel de Martonne effectue de nombreuses expéditions dans les Carpates et dans les régions historiques roumaines. Il participe directement à la Conférence de la Paix de Paris (1919), en tant qu’expert du Comité d’Études, et contribue de manière décisive au tracé des frontières de la Grande Roumanie, en particulier de la frontière occidentale. Il démontre scientifiquement, lors de la conférence, que Timișoara, Arad, Oradea et Satu Mare doivent être incluses dans les frontières de la Roumanie unifiée. Il est l’un des plus importants soutiens de la Roumanie sur la scène internationale, défendant sa géographie, son ethnographie et son histoire face aux grandes puissances de l’époque. Il laisse derrière lui des cartes, des études et des carnets de terrain encore utilisés aujourd’hui dans la géographie moderne. En signe de reconnaissance, l’Académie roumaine l’a élu membre d’honneur en 1912. Il meurt le 24 juillet 1955 à Sceaux, dans la Seine, en France. Zone géographique France, Roumanie (Europe) Voir aussi Diplomatie francophone Colonisation et décolonisation Sources Emmanuel de Martonne (Wikipédia)

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